Vos âmes déracinées

Un projet documentaire réalisé par Ãnanda Safo

Actuellement en développement

Coproduction Kaani Films-Atmosphères Production

 

— Note d’intention (extrait) — ©Ãnanda Safo

La CLIN (CLasse d’Initiation pour Non-francophones) est une classe à part. Elle accueille des élèves de diverses origines et nationalités, dès le début de leur scolarisation en France. L’objectif de cette classe, si riche et si particulière, est de leur enseigner le français afin de les intégrer dans une classe plus classique, à l’école primaire. Aujourd’hui, ces classes sont assez rares, les enseignants étant plutôt itinérants.

Le nombre d’élèves varie en fonction des arrivées, des intégrations ou du départ des familles. La richesse de cette classe est liée au brassage des différentes cultures, et au fait qu’elle soit toujours en mouvement. L’apprentissage se fait principalement de manière ludique, le premier objectif étant de leur enseigner un vocabulaire de base, leur permettant de communiquer dans des situations de la vie courante. J’ai eu le plaisir d’enseigner dans une classe de ce type pendant un an et demi, avant de me concentrer sur mes projets de réalisation.

Ainsi, durant l’année scolaire 2007-2008, j’ai accueilli deux enfants Turcs, une Espagnole, trois Russes, une Cambodgienne, un Bengali, deux Kosovars (albanais). Ils sont tous arrivés avec leurs failles, leurs histoires, leurs cultures, leurs croyances, leurs forces, parfois soumis à un détachement affectif, placés loin de leur famille, la plupart du temps avec des papiers provisoires. J’ai pris rapidement conscience de l’incroyable chance que nous avions de nous enrichir de nos différences. Ce fut mes plus belles années d’enseignement.

Pour un enfant, deux lieux importants font office de repère : l’école et leur maison. Et quelqu’en soit la forme ou l’espace, le logement est un pilier, un cocon, structurant et sécurisant.

Nous pouvons imaginer, qu’obtenir un lieu de vie à soi est la première empreinte de ce re-commencement. Un lieu pour s’enraciner, à nouveau. (…) Acquérir la langue française, c’est s’offrir la possibilité de raconter son histoire pour — enfin — tenter de regarder l’horizon.

Aujourd’hui, face à l’arrivée massive d’enfants mineurs totalement isolés, ayant, pour la plupart, perdu leurs parents au cours de leur immense traversée, il me parait primordial de partir à leur rencontre. Désirant suivre mon fil rouge, il est aussi très stimulant de ne pas savoir avec certitude où nous mènera cette aventure.